Conférence – La place des femmes artistes en Afrique

« Dans l’histoire des musiques d’Afrique de l’Ouest, les femmes ont toujours occupé une place prépondérante. Même s’il est mal vu que les femmes chantent dans des bars ou des clubs, depuis le début des années 1970, notamment au Mali, pays musical par excellence, les chanteuses, surnommées cantatrices, ont le vent en poupe. Des interprètes comme Fanta Damba, Kandia Kouyaté, Tata Bambo Kouyaté, Mokontafé Sacko, Ami Koïta, Babani Koné, Coumba Gawlo, Rokia Traoré, Fatoumata Diawarra ou Bako Dagnon triomphent dans les mariages ou les baptêmes. La plupart de ces divas se lancent en solo et publient des disques ou donnent des concerts légendaires à l’image des Amazones de Guinée.

Lorsque Oumou Sangaré signe sur World Circuit en 1990, elle a déjà vendu des centaines de milliers de cassettes de Moussoulou (« Femmes »), son premier album. Véritable Aretha Franklin malienne, Oumou Sangaré modernise radicalement la tradition des cantatrices d’Afrique de l’Ouest. Elle séduit grâce à sa voix féline, mais aussi en raison de ses textes qui dénoncent la polygamie, les mariages forcés ou l’excision et prônent une sensualité et une féminité sans ambages. Son message concernant la femme africaine trouve un très large écho au gré de ses tournées. Du Mali ou du Sénégal, le lien est ténu entre les chanteuses de Mauritanie et du Maroc, comme nous l’évoquerons au cours de cette conférence consacrée aux femmes musiciennes d’Afrique de l’Ouest. »

– Florent Mazzoleni

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