ICI L’ONDE : #LassoDuJour – Sagna Abdou, Président de l’Association Sportive Huang DI

Bonjour à tous ! Bien réveillés ? Vous n’entendez pas nos voix sur le 99.1 ? C’est normal ! En période de confinement nous vous proposons un tout nouveau format ! Nous continuons nos interviews sous la forme d’articles.

Aujourd’hui en ce samedi 2 mai, nous sommes heureuses de pouvoir échanger avec Sagna Adbou, fondateur et directeur technique de l’Association Sportive Huang Di.

 

« Je suis un passionné » 

 

Bonjour, peux-tu te présenter en 3 mots ? 

Alors sportif des arts martiaux, cascadeur et un passionné du sport et de la transmission, de la formation des gens. Voilà ce qui me caractérise le mieux.

 

Tu es membre fondateur de l’Association Huang, peux-tu nous présenter ton association ? Son histoire ? 

À la base j’étais un pratiquant, et un jour mon maître m’a demandé de donner des cours à Canteleu pour une association. Donc j’ai donné des cours pendant 2-3 ans. Et ensuite je me suis dit qu’on n’a pas les mêmes modes de travail avec d’autres structures associatives sur les attentes. Et c’est en 2007 que j’ai monté ma propre association.

 

Que signifie Huang Di ? Et pourquoi ce nom pour l’Association ? 

Un empereur jaune nommé Huang Di m’a inspiré, j’étais passionné par ce personnage et il y a un livre qui est « L’art de la guerre » et je me suis inspiré de tout ça et je l’ai appelé Huang Di. Et de là, on est parti sur le développement des arts martiaux et des sports de combat, on n’en a pas un spécifique, on a un éventail, un panel de cultures sur les arts martiaux, et aussi sur les cascades. Et on a la seule association qui donne des cours de cascade.

 

Les sports que tu enseignes, ce sont des sports qu’il ne faut pas prendre à légère ? 

Les risques, l’envers des métiers, on donne les règles de sécurité, celui qui ne respecte pas est prévenu, et au bout d’un moment il est exclu. Quelqu’un qui n’écoute pas est dangereux. On tient à informer les parents de ce que l’enfant fait. Dans le travail que je fais, il y a une part d’éducation, ce n’est pas simplement apporter de la connaissance, il y a du relationnel, de l’écoute et de la sensibilisation.

 

A travers tes cours, dépasses-tu la relation élèves / professeur et crées-tu un lien fort ?

J’adore ma profession, j’adore partager mon vécu, mon savoir et derrière qu’il y ait un relai. Pour moi c’est important qui il y ait un lien entre élèves et professeur. Mais ça peut aller au-delà.

 

Si je souhaite pratiquer les arts martiaux ou un sport de combat, ai-je besoin d’avoir les bases ? 

Non, bien sûr que non, les novices sont les bienvenus. Ils les acquièrent tout le long de l’année. Même les anciens, car l’été ils ne font plus rien.

 

Quelle est la tranche d’âge qui peut suivre tes cours ? 

Dès 6 ans avec une autorisation parentale. Et le plus âgé que j’ai a 65 ans.

 

 « Personne n’a une maîtrise totale »

 

As-tu encore du mal à maîtriser certains gestes et certaines prises ?

Personne ne peut dire qu’on a une maîtrise totale, il faudrait des années pour parler de maîtrise. Après le but pour moi et d’être le plus complet possible. Et ce but de toucher à différents systèmes, me permet d’appréhender au mieux les choses. C’est que même si je ne suis pas parfait, je saurais quels sont les côtés positifs et négatifs sur des choses précises. Difficile de trouver un expert avec une maîtrise totale. Généralement ce sont des maîtres qui ont la maîtrise totale. Et puis on ne reste pas sur ses acquis.

 

J’aimerais revenir sur les arts martiaux. Selon toi aujourd’hui, est-ce un sport qui perd de la visibilité avec des sports tels que le football ou encore le rugby qui sont souvent mis en avant ?  

Moi je pense que cela dépend du pays. Si je parle du Brésil ils ont le football, en France, on est foot et tennis, et dans un autre pays c’est un autre sport. Dans les médias tu vas entendre la gym mais, le sport de combat ce n’est pas le sport où nous, en France on arrive à voir un niveau de performance physique élevé. Si la performance ne performe pas sur certains sports, le sport ne sera pas connu et donc je pense qu’il y aura peu de visibilité.

 

Aujourd’hui, sur le territoire en dehors de ton association, les arts martiaux sont-ils mis en avant par des événements ? Et si ce n’est pas le cas comment crée-t-on une place aux arts martiaux sur notre territoire ? 

Pour mon cas, je ne me plains pas. Je commence à me faire connaître dans le domaine du sport et j’adore enseigner et la transmission. Le problème est que certaines associations ne sont pas intéressées et impliquées. Elles ne pensent qu’au profit. Moi et mon staff nous sommes prêts à travailler avec n’importe quelles institutions. Il me reste à développer la partie formation. Après je propose mes activités au sein des communes et collectivités sur le temps scolaire ou périscolaire et pendant les vacances d’été.

 

Parlons cinéma, car tu es cascadeur, et tu as pu travailler pour de nombreux films différents comme les plus connus (Hitman, Banlieue 13 Ultimatum, Transporteur “Héritage”, Transporteur la série, saison 2 : épisode Diva, Les Gorilles, Toussaint Louverture, L’écume des jours, Commissaire Magellan, Julie Lescaut, la Légende des 3 clefs, la série No Limit, Léa, la Fée, Overdrive, Héroïnes, Nos Patriotes…). Au final, la notion de combat, l’apprend-on mieux au cinéma ou à tes cours ? 

Plutôt à mes cours. Après sur le côté cinéma, on parlera juste d’attention, pour être crédible à l’image. Mais dans mes cours, il y a des valeurs fortes que je transmets. Et vraiment, j’adore ma profession, je suis un passionné. Et dans mes cours, je me dis que n’importe qui peut me demander des conseils et je sais qu’à ce moment-là j’ai quelque chose de fort à transmettre. Que dans mes cours, il y a le droit à l’erreur et que je suis là pour ça. Pour enseigner, transmettre afin qu’il y ait une relève.

 

Pour toi, que représentent les arts martiaux ? Est-ce un sport qui permet de se défouler et de canaliser son énergie ? Comment pourrais-tu définir les arts martiaux ? 

Entre arts martiaux et sport de combat, quelle est la différence ? Dans un sport de combat, un sport de lutte, avec des règles, il y a un arbitre, et vous avez droit à des techniques et pas le droit à d’autres. Dans les arts martiaux, il n’y a pas de règle, car c’est fait pour se défendre. Il y a des vertus pour apprendre. Ceux qui ont des problèmes de distraction, vont pouvoir combler les petits manques grâce à la pratique. On s’adapte. Et surtout à la fin, les élèves peuvent poser des questions, revenir me voir, ce qui est intéressant. Il y a quelque chose de fort, un moment de partage, on mélange nos compétences […] cela peut aussi t’aider à appréhender la gestion de stress.

 

Dans les cours que tu donnes, est-ce qu’au-delà de la pratique, tu fais passer un message, tu montres à tes élèves que c’est un sport qu’il faut maitriser, qu’il ne faut pas prendre à la légère, que cela permet de se renforcer soi-même ? 

Complétement. Dans les moments de mes cours, ce sont des moments de partage. Je suis un éducateur sportif. Donc j’ai un rôle d’éducation auprès des jeunes. J’apporte mon analyse et puis derrière j’apporte des réponses. Et à chaque fois, je dis à chacun de mes élèves de faire attention, d’être vigilant.

J’ai un petit jeune qui est performant en termes de compétition. Certains me remercient car au départ ils arrivent timides et plus tard c’est une autre personne. Certains aussi me remercient parce que ça les aide tous les jours. Et c’est un bonheur, ça me rend heureux.

 

Le combat nous forge-t-il à l’intérieur ? 

Bien sûr, il faut savoir que je suis aussi formateur dans la gestion de conflits, professeur dans les sports de combat et les arts martiaux et cascadeur. Ces trois-là déjà m’ont construit personnellement. Car il y a des moments, face à ces trois fonctions où je suis amené à gérer des situations, et j’en ai mené des combats. Certains m’ont marqué, d’autres pas, mais cela forge, cela se construit car la preuve, on voit un élève quand il arrive à mes cours n’est plus le même. Et comme je l’ai dit, moi-même j’apprends, donc je me forge dans un sens.

 

 « Avec les communes nous pouvons construire ensemble des projets forts »

 

À la suite de la période de confinement, nous nous doutons, que tu ne donnes pas de cours, qu’aucun événement n’a lieu, mais nous allons parler de quelques dates passées. Des événements passés, qui, peut-être seront source d’inspiration pour les prochains lorsque le contexte le permettra. 

Quelles interventions fais-tu ? 

Je fais des animations sportives auprès des écoles sur des sports de combat et des arts martiaux comme à Sotteville-lès-Rouen et Canteleu, mais j’interviens un peu partout comme dans les Hauts de Rouen. Certains m’ont marqué aussi dans mes interventions, car parfois les parents viennent me voir pour que je donne des cours.

 

En dehors de tes cours, organises-tu des compétitions ? 

Je n’organise jamais de compétition. Organiser une compétition va prendre un temps pas possible. Et aussi je suis cascadeur, donc je suis amené à être appelé parfois, pour des tournages de films pour une durée de deux mois, un mois etc… donc il est difficile pour moi d’organiser.

 

Quels sont les événements qui t’ont marqué au sein de l’association ? 

Moi ce sont les adhérents que je vois chaque année qui rentrent au sein de l’association avec un objectif. Cela me marque. J’ai un jeune ça fait trois mois qu’il reste sur la même décision. Alors que d’habitude on n’a pas une bonne image des jeunes qui ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire et sont changeants. Mais là quand je vois cela, cela me marque. Pour moi il y a un meilleur investissement des jeunes.

 

A la rentrée, je souhaite m’inscrire, et suivre des cours de ta part, où dois-je m’adresser ?

Tu peux m’appeler par téléphone pour des renseignements, tes besoins et attentes. On peut me joindre par mail, et je suis très réactif. Ensuite tu peux aller sur le site internet qui t’apporte des réponses et te permet de voir ce qui t’attend. Et à partir de nos premiers échanges, déjà toi-même tu pourras savoir ce que tu souhaites et moi je saurais ce que je peux t’apporter, puis après viennent les démarches administratives.

 

UN MESSAGE ?

Oui, j’ai envie de dire que vraiment j’aime ce que je fais, d’où la première question où je suis un passionné, et aujourd’hui j’apprends beaucoup des autres. Je transmets comme je reçois. Et c’est pour cela que je me tiens à la disposition des communes, pour travailler ensemble, collectivement sur des projets, et je n’ai pas de doute qu’on peut construire quelque chose de fort au-delà. Je suis formateur en gestion de conflits et contention physique pour lutter contre les agressions et l’insécurité, mais aussi cascadeur. Donc au-delà de mes cours, j’enseigne aussi la gestion de conflits. Et quand je parle de conflit, on peut être sur toutes les situations personnelles, professionnelles etc… Et voilà, je pense qu’on peut construire beaucoup de choses ensemble.

 

 

Merci à vous pour ce temps que vous nous avez accordé et à bientôt sur Le Mix des Cultures !

L’équipe ICI L’ONDE

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